Mais pourquoi ?
Nous ne nous sommes pas réveillés un matin en décidant de tout changer. C'est venu par étapes. Des petits décalages qui s'accumulent, des envies qui grandissent, jusqu'au moment où la vie qu'on mène ne nous ressemble plus vraiment.
Par Jon & Aline
Le terrain, la maison, les cases cochées
Avant, nous vivions à Bruxelles. Comme nous venions de la campagne, nous on rêvait d’espace, de vert, de calme. La campagne belge, ça nous semblait parfait — le bon compromis entre nature, proximité de la ville et de nos familles.
Un jour, nous sommes tombés sur le terrain. Coup de cœur absolu. Avec les compétences d’architecte d’Aline, nous avons fait construire notre maison. Une belle quatre façades, un beau jardin, tout bien comme il faut. Les cases étaient cochées : la maison, le jardin, Colin et Léon, les carrières. Tout roulait.
Les mains dans la terre
Ça a commencé par un petit potager. Quelques tomates, des herbes, rien d’ambitieux. Sauf que ce potager s’est agrandi. Encore. Et encore.
Plus nous cultivions nos propres légumes, plus ça avait du sens. Le goût, la satisfaction, le fait de savoir exactement ce que nous mangeons. Sont venus ensuite les conserves, le pain maison, les yaourts. Chaque nouveau geste nous rapprochait d’une manière de vivre plus concrète, plus ancrée.
Et puis il y a eu ce voyage. Deux mois, en famille, avec un simple sac à dos pour quatre. Pas de maison, pas de confort superflu, pas d’affaires inutiles. La décharge mentale de vivre avec peu est difficile à décrire tant qu’on ne l’a pas vécue. Moins de choses à gérer, moins de bruit, plus de présence.
Un autre déclic, inattendu. Léon — qui a cinq ans aujourd’hui — a eu des soucis de santé. Rien de grave, mais assez pour nous pousser à creuser du côté de la nutrition. Ce qu’on a découvert nous a ouvert les yeux. Pas seulement sur ce qu’on met dans nos assiettes, mais sur tout le système autour : comment on produit, comment on consomme, ce qu’on accepte sans se poser de questions.
En parallèle, nous nous sommes intéressés aux projets d’autonomie, aux habitats écologiques, aux gens qui construisent autrement. Plus nous lisions, plus nous apprenions, plus le décalage grandissait entre ce que nous découvrions et la vie que nous menions.
Pour nos enfants
Nous nous demandons souvent quel monde attend nos enfants. Le cursus classique — école, diplôme, bureau, crédit — est-il encore vraiment adapté à ce qui vient ? Nous n’en sommes pas sûrs. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que nous voulons leur transmettre des choses simples faites de savoir-faire, de liens humains, de débrouillardise.
« On peut tout t’enlever, sauf tes connaissances. »
Nous ne savons rien — et c’est le point de départ
Mais nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que nous ne savons pas grand-chose. Nous avons lu, nous nous sommes informés, nous avons des convictions — mais nous n’avons jamais vécu cette vie au quotidien.
Nous voulions éviter le piège du “l’herbe est plus verte ailleurs”. Quitter une vie confortable sur un coup de tête pour se retrouver désillusionnés six mois plus tard.
Explorer
Alors plutôt que de fantasmer, nous avons décidé d’aller voir. D’aller à la rencontre des gens qui vivent déjà comme ça. D’apprendre. De tester. De savoir si ce que nous imaginons nous conviendrait vraiment.
Le van s’est imposé comme une évidence. Nous sommes flexibles, nous allons où nous voulons, et nous sommes déjà dans la démarche — vivre avec peu, en mouvement. Des formations en permaculture, des chantiers participatifs, des stages de charpenterie ou de boulangerie, des familles à rencontrer, des savoir-faire à découvrir.
Nous ne cherchons pas une réponse toute faite. Nous cherchons notre réponse.
Notre caillou
Nous n’allons rien révolutionner. Nous ne prétendons pas avoir trouvé la solution. Nous avons juste la volonté d’essayer — et d’apporter notre caillou à l’édifice. Petit, modeste, mais le nôtre.
Notre vision : un coin quelque part, avec de l’espace. Un lieu à construire ou rénover de nos mains. Un potager, un verger, des poules. Une vie sobre mais riche — riche de temps, de liens, de sens. Et un village autour, avec des voisins, une école, des gens qui s’entraident.
Ce blog, c’est notre carnet de route.
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Recherche du véhicule, galères avec les aménageurs, travail main dans la main avec un artisan passionné — voici comment Caillou a pris forme.